58 ans d’échecs politiques… la longue odyssée se poursuit !

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 Si l’instabilité est la source principale des échecs politiques en Afrique, les coups d’Etat en sont la cause majeure en Mauritanie. 

Un demi-siècle durant, les générations post -indépendance du pays ne se désillusionneront pas encore de voir les mouvements des troupes dans les rues, des barricades autour des points stratégiques de la capitale, signes qu’une conspiration contre le pouvoir en place a échoué ou réussi.

Et si c’est le cas, le peuple fidèle à ses marches « zhéroïques » rend gloire à son armée qui tambourine sa victoire contre les prédateurs qui ont mis « à sac l’économie du pays, confisqué les libertés et détruit la cohésion nationale ». A chaque complot sa logorrhée d’accusations et de diabolisation contre le régime renversé.

Les gros mensonges se cachent derrière les appellations pompeuses et trompeuses : comités de redressement national, de salut national, du 12/12, du CMJD, du fameux et fâcheux mouvement de rectification servi aux mauritaniens comme la tartine fournie aux pauvres et qui a bien tenu la promesse d’appauvrir tout le pays.

La courte parenthèse démocratique s’étant refermée autour de l’épisode de Sidi Ould Cheikh Abdallahi a vu le processus de retour à la normalité constitutionnelle s’effilocher par des réformes politiques et amendements référendaires impopulaires imposés pour assouvir le désir d’un système loufoque. En 58 ans d’indépendance, la Mauritanie est encore malade de ses dirigeants, prise en otage par une armée de plus en plus équipée, prête à marcher sur les cadavres pour déloger tout locataire qui refuse de marcher au pas, au mépris des règles de bonne conduite et d’élégance morale.

En 58 d’indépendances, le destin du pays ballote entre l’incertitude et le désespoir où le peuple utilisé comme du bétail électoral pour crédibiliser les élections, est tenu encore en laisse par les rabatteurs politiques rompus aux ventes aux enchères des consciences citoyennes. 58 ans de crétinisation des élites politiques et intellectuelles incapables d’assumer leurs rôles de vrais porte-drapeaux de la libération du pays des forces du mal. Qui dit mieux quand la démocratie n’est plus qu’un jeu de marketing politique par lequel les élections deviennent une foire aux empoignes consacrant au final la victoire du Parti au pouvoir avec la bénédiction d’une bourgeoisie militaire et affairiste.

La Mauritanie ne se porte guère mieux aujourd’hui plus qu’hier. L’économie est livrée au bradage des ressources du pays par des accords d’exploitations des produits halieutiques, miniers, pétroliers et dérivés dans la plus grande opacité. La SNIM, le PANPA et autres grandes entreprises d’Etat sont en train de crouler sous le poids des dettes.

Les techniques de captures super –sensibles livrent notre poisson à toute sorte de cruauté pourvu que la mer crache dans la profondeur de ses entrailles ses populations halieutiques mortes ou vivantes. Cette hécatombe a appauvri nos côté jadis les plus poissonneuses au monde, point d’attrait de toutes sortes d’espèces. L’ouguiya devenue une monnaie de singe est très faible dans le marché de change. Une situation qui affecte le pouvoir d’achat du consommateur confronté à une hausse permanente des prix. Notre symbole national ne tient pas la concurrence d’un marché sous-régional qui impose aux pays voisins de s’intégrer dans l’économie des grands ensembles.

En 58 ans d’indépendance le pays a vu sa population augmenter et par ricocher ses prévisions budgétaires s’accroitre considérablement. Le tout sans planification, ni rationalisation de ses richesses. Dans cette anarchie où l’improvisation est la règle, comment bâtir une économie viable ? Comment faire des infrastructures dignes, organiser le transport, élaborer des politiques éducatives, sanitaires adéquates, comment mettre en place des outils de gestion des villes, etc alors que le pays continue de s’installer dans des crises insurmontables. Nous avons des cerveaux intelligents capables de remettre la Mauritanie sur les rails, réhabiliter les valeurs citoyennes, les principes d’égalité, de justice, la promotion du mérite, la déconstruction des archaïsmes tribales, communautaristes, et garantir l’unité nationale.

Pendant qu’il est encore possible de le faire avec toutes ces voix, tous ces mouvements pacifiques dans le pays et à l’étranger qui ont des modèles à proposer, des idées à semer. Il est temps de se mettre ensemble pour repenser une Mauritanie pour tous débarrassée des complexes identitaires, du racisme, de l’esclavage et toutes autres dominations absurdes. Pour savoir que les ennemis du pays ne sont pas ceux qui demandent l’égalité, la justice au prix de l’exil ou de l’emprisonnement mais ceux qui refusent tout dialogue, tout changement de cap.

Il s’agit de promouvoir les valeurs sacrées de notre sainte religion auxquelles nous nous identifions tous et qui est notre référentiel, ou encore, les valeurs universelles qui imposent aussi le respect des lois et de la dignité humaine. Les forces fédératrices existent dans toutes les franges de la population tant blanches que noires, beiges, crépues, barbus ou non. Il faut rassembler toutes ces énergies pour libérer la Mauritanie plurielle de l’emprise des faux patriotes et « cambistes »politiques.

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