“Il n’échappe à personne qui est l’ami et qui conspire pour mettre à feu et en sang la région”

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Au cours d’une visite effectuée à Nouakchott, nous avons  eu  le plaisir de  rencontré le responsable de la communauté sahraoui à l’extérieur Mr Cheikh Melainine Ould Cheikh El Kebir. Il a bien voulu répondre à nos  questions furtives et brèves suivantes :

POINTS CHAUDS : En tant que responsable au sein de la direction, quel diagnostic faites-vous de la situation humanitaire dans les camps des réfugiés sahraouis, après les rumeurs faisant état de la régression des Ong humanitaires de leur assistance ?
MR Cheikh Melainine Ould Cheikh El Kebir : Premièrement, je remercie votre entreprise médiatique respectée pour m’avoir accordé cette opportunité et pour l’intérêt témoigné à notre affaire nationale. Ce n’était surprenant du tout puisque les choses dictent cet état de fait. De votre site correct, j’adresse mes vifs remerciements à toutes les parties médiatiques et formations politiques ainsi qu’aux acteurs de la société civile et aux personnalités indépendantes pour ces positions de soutien apporté à notre peuple dans son épreuve, laquelle sans doute, pour des raisons nombreuses, vous la considérez comme  la votre.
Deuxièmement et avant tout, je félicite le peuple mauritanien pour la survie du président de la république  M. Mohamed Ould Abdel Aziz de l’incident de tir par erreur de balle du 13 octobre dernier. Nous lui souhaitons  du fond  intérieur de nos cœurs un prompt rétablissement et le retour le plus rapide pour la poursuite de son processus bien commencé au service du pays et du peuple.
A propos de votre question, si vous désignez par la situation humanitaire, le contexte économique et social ainsi que les conditions de vie dans les camps de la dignité et de la fierté sahraouie, loin des images déformées  que les occupants envahisseurs tiennent à véhiculer en altérant les réalités humaines et autres, la situation de nos camps ne peut en aucun cas être une exception de la situation générale des réfugiés dans le monde.
Nous sommes influencés comme les autres par le rythme des bouleversements politiques   et économiques internationaux, sauf qu’on peut affirmer que les sahraouis jouissent de qualités fondamentales : ils se trouvent sur le sol d’un Etat frère, voisin et ami disposant de positions de principe fixes par rapport à toutes les questions humanitaires en général et pour les questions des peuples colonisés et opprimés qui revendiquent son droit de prendre son destin en main.
La seconde qualité est que le peuple sahraoui a annoncé depuis 1976 son indépendance à l’occasion du départ du premier impérialiste à travers la déclaration de l’Etat de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) qui bénéficie d’une large reconnaissance des pays du monde entier, qui est membre fondateur de l’Union Africaine et qui connaît le parachèvement de la construction de ses institutions nationales.
Un Etat qui contrôle par ailleurs les 2/3 de son territoire national, exerçant sa souveraineté à travers le déploiement des centres de l’autorité civile et des communes dont certaines ont été créées et d’autres en voie de l’être.
A ce portrait reluisant s’ajoute aussi l’existence de 7 pôles militaires déployés à travers les zones libérées avec nos combattants qui organisent depuis le cessez-le-feu  des campagnes volontaires pour contribuer à l’urbanisation des territoires libérés et garantir les conditions convenables pour une vie civile acceptable. Des actions qui sont menées parfois en collaboration avec des bailleurs  amies.  C’est une expérience singulière et distinguée propre au seul peuple sahraoui par rapport aux autres peuples réfugiés, puisqu’il conjugue  à la fois la lutte de libération et l’édification d’un Etat doté de toutes les institutions.
 POINTS CHAUDS : Certains observateurs constatent l’inexistence totale de campagne de sensibilisation pour la question sahraouie en Mauritanie, ce pays lié à la RASD par des relations sociales séculaires. Pourquoi et cette situation s’applique-t-elle aux autres Etats et si oui, quel est le degré de cette mobilisation ?

MR Cheikh Melainine Ould Cheikh El Kebir  : mon humble avis, la Mauritanie ne peut être comparée avec un autre Etat, puisque c’est le pays avec lequel nous sommes liés par tout et rien ne nous sépare. Les relations humanitaires enracinées et diversifiées ainsi que les rapports et liens sociaux et les sentiments de parenté sans frontières font de ces deux peuples des jumeaux difficiles à différencier. A cela, s’ajoute le facteur du bon voisinage réel qui n’a pas besoin d’efforts de normalisation, de création de frontières qui n’existent absolument pas comme à le faire vainement certains.
De ces vérités et uniquement à titre de rappel, le Front populaire pour la libération de Saghiya et Ouad Dhehab, quand il a été créé, il a  tenu son  premier congrès sur le territoire mauritanien, impliquant des mauritaniens s’étant également fondé sur les intellectuels politiques et médiatiques mauritaniens pour les besoins de sensibilisation, partant de sa conscience et de sa conviction que nous nous croisions inévitablement contre vents et marées. Le front répétait depuis et continue de le dire en son intérieur « avertit Amer puis dors » et combien il a était pertinent dans ce dicton, qu’il l’a doté un effort et un précieux temps qu’elle a fructifié auprès des opinions  alors qu’ils pouvaient être difficiles.
Aujourd’hui, nous nous rencontrons une nouvelle fois pour départager la responsabilité du déficit constaté dans la mobilisation de l’opinion mauritanienne au profit de la question sahraouie. Nous nous retrouvons dans un contexte où toutes les conditions sont favorables pour l’accomplissement de cette mission. Il ne nous reste qu’à intensifier nos contacts et notre coordination non seulement pour cette question sahraouie mais aussi pour la Mauritanie ainsi que pour les intérêts vitaux des deux Etats et des deux peuples envers les questions d’intérêt commun.
Toutes les choses sont désormais claires et toutes les conditions ont muri suffisamment. Il n’échappe à personne qui est l’ami et qui conspire pour mettre à feu et en sang la région. C’est un conflit entre le vrai et le faux, entre un envahisseur conquérant et colonialiste abusant et violant les droits de l’homme,  tournant son dos aux bonnes valeurs, mettant à profit la protection offerte par des puissances étrangères hostiles à tout bien pour la région  et pour son peuple.
Il était dont impérieux – tant que la situation est de tel degré de clarté- de retourner les choses à leur état initial, pour dire à l’agresseur fautif qu’il est coupable et injuste, de séparer la victime du tortionnaire, le vrai du faux.
Allah le Tout Puissant ne dit-il pas dans son Saint Livre : « Et si deux groupes de croyants se combattent, alors faites la paix entre eux. Puis si l’un d’eux se rebelle contre l’autre, alors combattez celui qui se rebelle, jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de Dieu. Puis, s’il s’incline, alors faites la paix entre eux avec justice, et jugez à la balance. Dieu aime ceux qui jugent à la balance.” (Coran, 49:9)

POINTS CHAUDS  : Nous savons que le Front contrôle les 2/3 du territoire de la RASD de départ, qu’elle a commencé son urbanisation ainsi que la mise en place des infrastructures et installations scolaires, sanitaires … En votre qualité de responsable de la communauté expatriée à l’étranger, avez-vous rencontré des gens qui sont disposés à retourner dans les territoires libérés pour s’y installer définitivement ?

MR Cheikh Melainine Ould Cheikh El Kebir : Les communautés sahraouies avaient joué un rôle considérable et dynamique dans la contribution dans la lutte de libération. Elles ont sans doute déployés ces efforts dans d’excellentes circonstances en raison de leur importance et de leur présence active comme une composante du corps sahraoui et comme l’un des affluents sur lequel le front s’est basé depuis la première heure et sur lequel il continue de fonder tous les espoirs pour les étapes actuelles et futures requises par la construction de l’Etat sahraoui après la reconquête de sa souveraineté sur tout son territoire national.
En conséquence, les communautés sahraouies  demeurent constamment sollicitées pour accompagner les développements de la question de leur peuple pour participer  selon les conditions de l’étape.
Si l’urbanisation des zones libérées est un objectif national requérant la participation de tous, chacun de la position où il se trouve, selon sa vérité, la priorité des priorités la plus pressante à l’état actuel est le soutien et la solidarité avec la révolte de l’indépendance nationale engagée par les héros du peuple dans les territoires occupés, dans le sud marocain, dans les campus universitaires et à l’intérieur du Royaume.
Ces valeureux braves qui s’exposent quotidiennement aux plus vils actes de tortures et d’exactions de la part des forces de l’oppression systématique et du terrorisme de l’occupation marocaine, au vu et au su de tous.
Cette insurrection qui me rappelle certains extraits des écrits de l’historien, écrivain et penseur M. Mohamed Yehdhih Ould Breidleil sur la révolte de Zemla en 1970  dans la ville d’Aioun occupée dans sa formulation d’analyse de la situation qui prévaut actuellement dans la zone, mettant en garde contre la répétition des mêmes attitudes trainardes prises par des parties précises à l’époque et qui s’étaient soldées par des suites  désastreuses sur la région et sur ses peuples.
De votre tribune, je lance un appel pressant, l’appel de la conscience fraternelle, à toutes les forces politiques mauritaniennes, à tous les intellectuels, journalistes et acteurs de la société civile à porter secours et soutien à nos parents présents dans les territoire occupées, à dénoncer les sévices dont ils font l’objet ainsi qu’à contribuer pour briser le blackout que leur est imposé.
Il n’est normal que les Ong de défense des droits de l’homme et humanitaires, les parlementaires et les personnalités médiatiques   et culturelles viennent malgré l’embargo médiatique qui frappe la région, pour  connaître la vérité et pour défendre ce peuple frère et voisin…
Certains de nos frères et parents restent indifférents , préférant suivre une course sportive, bien que nous sommes en devoir d’être reconnaissants à l’égard d’autres, leur renouvelant notre remerciement ainsi que ceux du peuple sahraoui pour les efforts politiques, médiatiques et culturels qu’ils ont déployé et continuer d’accorder pour le compte de cette question juste, laquelle, vaincra irrémédiablement, car une affaire de droit  et le droit se hisse sur tout.
Une affaire qui obtiendra également gain de cause parce que notre peuple a payé et continue de payer le prix cher et restera toujours tel, plus que jamais pour déployer davantage de lutte jusqu’à la récupération   de sa dignité confisquée, de sa souveraineté et de son droit décent et libre à la vie.
Les derniers rebondissements enregistrés par notre affaire sur les plans international, régional et national  poussent incontestablement à la satisfaction  et présagent un tournant positif confirmant l’irréversibilité du triomphe final dans les plus brefs délais Incha Allah.
L’intérêt mondial croissant et la succession des visites répétées  des organisations influentes de défense des droits de l’homme ainsi que les rebondissements enregistrés par des espaces sur lesquels l’ennemi bâtissait ses positions, la recrudescence de la cadence de la révolte pacifique qui s’est généralisée à toutes les parties de la nation occupée et à tous les points de rassemblement des sahraouis   à l’intérieur du Maroc ainsi que l’interaction avec tous ces changements nationaux dans tous les domaines d’action nationale dans les camps de la dignité et de la fierté, parmi les communautés sahraouie et dans les milieux ruraux en plus de l’agrandissement du cercle de solidarité et de soutien de la question de notre peuple, réduiront les campagnes adverses orchestrées ainsi que les tentatives de plantation du doute, de la politique de la désinformation et de la fausseté auxquelles nous a habitué le système marocain.
Ces données ainsi que celui qui accompagnera la visite de l’envoyé spécial du secrétaire de l’Onu Christopher Ross, dont le refus et le renoncement à son égard constituent un échec cuisant de la politique du régime marocain, c’est-à-dire, ce qui accompagnera cette tournée ainsi que le round des prochaines négociations pour jeter la lumière sur les dossiers des droits de l’homme, le rôle de la Minurso dans sa surveillance des zones occupées, les persécutions faites par le régime aux membres de la mission onusienne ainsi que le dossier de pillage systématique de toutes les richesses sahraouies sont des facteurs qui hantent le système marocain, élargissant la quiétude du peuple sahraoui   sur le processus de son affaire ainsi que sur l’incontournable liquidation de l’impérialisme et le droit de prendre en main son destin et d’être indépendant.

Propos recueillis par Souleymane Ould Didi

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